Fantasmes des Français : ce que révèlent vraiment les sondages IFOP

Pieds d'un couple enlacés sous des draps blancs

Rêver d’un scénario n’oblige personne à le vivre, et les enquêtes le confirment année après année. Dans une étude IFOP pour Femme Actuelle menée fin 2012 auprès de 1 008 femmes, 63 % se disaient tentées par l’échange de messages coquins avec leur partenaire, contre 47 % qui l’avaient déjà fait. Décryptage d’un imaginaire intime, réservé aux adultes de plus de 18 ans, que certains préfèrent confier à une voix inconnue, sur le téléphone rose de Marie Lou par exemple, plutôt qu’à un proche.

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Jeune Fille lisant, dite La Liseuse, peinte par Jean-Honoré Fragonard vers 1770 (National Gallery of Art, Washington). Crédit : Jean-Honoré Fragonard, domaine public, via Wikimedia Commons.

Sommaire : les fantasmes des Français en 8 étapes

  1. Comment l’IFOP mesure les fantasmes des Français
  2. Les désirs des Françaises vus par l’IFOP en 2012
  3. Fantasme ou passage à l’acte, l’écart mesuré
  4. Bureau, amis, rêves : les fantasmes du quotidien
  5. Parler de ses fantasmes, ce que disent les enquêtes
  6. Voix et lecture, l’imaginaire érotique en pratique
  7. Partager un fantasme sans brusquer : la méthode
  8. Récap des fantasmes des Français en chiffres

Comment l’IFOP mesure les fantasmes des Français

Interroger quelqu’un sur sa vie intime pose un problème évident : face à un enquêteur, on enjolive ou on se tait. L’IFOP utilise donc pour ces thèmes un questionnaire auto-administré en ligne, qui garantit l’anonymat et, selon l’institut, permet de parler de soi sans craindre d’être jugé. Les échantillons sont construits par la méthode des quotas (âge, sexe, profession) après stratification par région.

Autre point à connaître avant de lire un chiffre : la plupart de ces études sont commandées par des marques ou des médias, ce que la loi du 25 avril 2016 oblige à mentionner, avec la taille de l’échantillon et les dates de terrain. Voici les enquêtes utilisées dans ce dossier, comparées sur ces critères :

EnquêteCommanditaireTerrainÉchantillon
Les Françaises et le « mommy porn »Femme Actuelle30 novembre au 3 décembre 20121 008 femmes de 18 ans et plus
Le « Sexe 2.0 »CAM4, site de webcams27 février au 1er mars 20131 113 personnes de 18 à 69 ans
La drague au travailOnline Seduction29 au 30 mai 20181 009 personnes de 18 ans et plus
Les Français et leurs rêvesTousaulit.com30 novembre au 1er décembre 20211 009 personnes de 18 ans et plus

Ces sondages ne disent donc pas ce que tout le monde vit, mais ce qu’un échantillon représentatif accepte de déclarer, à une date donnée. Les comparer entre eux demande de la prudence, car les questions et les publics varient.

Les désirs des Françaises vus par l’IFOP en 2012

L’enquête pour Femme Actuelle a été publiée le 3 janvier 2013, à la sortie du deuxième tome de la trilogie Cinquante Nuances de Grey. Elle est l’une des plus détaillées sur l’imaginaire féminin, avec un même principe : distinguer ce que les femmes ont déjà fait de ce qu’elles aimeraient découvrir un jour. Les envies les plus citées sont les suivantes :

  • Messages coquins : 63 % sont tentées d’en échanger avec leur partenaire par mail, SMS ou messagerie.
  • Lieu public : 51 % sont tentées par une étreinte dans un lieu insolite, comme un parc ou un ascenseur.
  • Jeux de pouvoir : 44 % aimeraient se laisser dominer, 40 % faire l’amour les yeux bandés.
  • Photos complices : 40 % aimeraient échanger des photos coquines avec leur partenaire.
  • Webcam : 22 % se disent disposées à une étreinte virtuelle, contre 14 % en 2009.

Un résultat tranche avec les clichés : 79 % des femmes en couple n’imaginent personne d’autre que leur partenaire actuel pour réaliser leurs fantasmes les plus audacieux. L’IFOP note aussi que les jeux où la femme mène la danse séduisent autant que ceux où elle se laisse guider, avec 62 % et 59 % de femmes disposées.

Fantasme ou passage à l’acte, l’écart mesuré

Le fantasme fonctionne souvent comme un film intérieur que l’on ne cherche pas à tourner. Le mot vient du grec phantasma, « fantôme », rappelle l’article de Wikipédia sur le fantasme en psychologie, et la psychanalyse, de Freud jusqu’au Vocabulaire de la psychanalyse de Laplanche et Pontalis (1967), en fait un scénario imaginaire qui figure l’accomplissement d’un désir. Les chiffres de l’IFOP illustrent bien cette distance entre l’envie et la réalité :

ScénarioEnvie déclaréeDéjà vécuSource
Messages coquins à deux63 %47 %IFOP, Femme Actuelle, 2012
Étreinte dans un lieu public51 %39 %IFOP, Femme Actuelle, 2012
Yeux bandés40 %16 %IFOP, Femme Actuelle, 2012
Étreinte virtuelle par webcam22 %8 %IFOP, Femme Actuelle, 2012
Observer un couple, en idée ou délibérément31 % excités par l’idée3 % l’ont fait exprèsIFOP, CAM4, 2013

Le cas du voyeurisme est le plus parlant : selon l’enquête pour CAM4, près d’un Français sur trois admet être troublé à l’idée d’observer des ébats, mais seuls 3 % l’ont déjà fait de façon délibérée. Aux États-Unis, le psychologue Justin Lehmiller, du Kinsey Institute, arrive au même constat avec 4 175 répondants dans Psychology Today en octobre 2018 : plus des trois quarts veulent réaliser leur fantasme favori, moins d’un tiers l’a fait.

Bureau, amis, rêves : les fantasmes du quotidien

Les scénarios qui traversent l’esprit ne viennent pas tous d’un roman ou d’un film. Deux enquêtes récentes montrent que l’imaginaire érotique se nourrit surtout de l’entourage proche et des lieux fréquentés chaque jour, à commencer par le travail.

Au bureau

Dans l’étude IFOP pour Online Seduction de mai 2018, 41 % des personnes ayant déjà travaillé disent avoir fantasmé sur un collègue, avec un écart net : 53 % des hommes contre 30 % des femmes. Le jeu de séduction entre collègues concerne 31 % des répondants. L’institut parle d’un espace de séduction autant que de travail.

En rêve

L’enquête IFOP pour Tousaulit.com de décembre 2021, relayée par Pourquoi Docteur le 3 janvier 2022, indique que 69 % des personnes qui rêvent ont déjà fait un rêve érotique, 78 % chez les hommes. Les figures qui reviennent le plus sont un ami ou une amie (42 %), un collègue (27 %), une célébrité (19 %) et une personnalité politique (8 %).

Parler de ses fantasmes, ce que disent les enquêtes

Garder un scénario pour soi reste le réflexe le plus répandu. Un sondage plus ancien, réalisé par CSA les 22 et 23 janvier 1998 auprès de 1 001 personnes, posait directement la question de ce que chacun fait de ses fantasmes. Les réponses montrent une acceptation large mais une parole rare :

  • Jugement : 67 % voient les fantasmes comme une bonne chose, 16 % comme une mauvaise.
  • Silence : 28 % y pensent souvent sans jamais en parler.
  • Humour : 24 % les trouvent drôles et les racontent.
  • Réalisation : 14 % seulement essaient de les concrétiser.
  • Oubli : 13 % essaient de les oublier, de ne pas y penser.

Quinze ans plus tard, l’enquête IFOP de 2012 confirme que l’envie n’efface pas les limites : 60 % des femmes déclarent qu’il existe des pratiques qu’elles ne souhaitent pas franchir, et 16 % seulement qu’aucune n’est taboue à leurs yeux. Évoquer un fantasme, c’est donc aussi accepter d’entendre un non.

Voix et lecture, l’imaginaire érotique en pratique

Puisque la plupart des fantasmes restent dans la tête, beaucoup d’adultes les nourrissent par des supports qui laissent travailler l’imagination. La lecture en est le meilleur exemple : selon l’IFOP, 59 % des femmes ont déjà lu un livre érotique en 2012, contre 38 % en 1970, et 56 % des lectrices assumeraient ce goût devant leur entourage.

La voix joue le même rôle, sans image ni passage à l’acte. Échanger avec une hôtesse permet de dire à voix haute un scénario que l’on n’oserait pas confier à un proche, dans un cadre anonyme réservé aux majeurs. C’est l’idée défendue par Marie Lou, fondatrice de Dial Privé, qui revendique de vraies hôtesses françaises et un lieu respectueux de celles qui y travaillent. On y règle à son gré, par carte avec un forfait court ou long, ou par un numéro audiotel débité sur la facture du téléphone.

Partager un fantasme sans brusquer : la méthode

Les enquêtes montrent qu’un fantasme partagé peut rapprocher, à condition que chacun garde la main sur ce qu’il accepte. Justin Lehmiller observe que les expériences se passent mieux dans les couples déjà solides. Quelques réflexes simples aident à ouvrir la conversation sans pression :

  1. Moment choisi : aborder le sujet à froid, hors du lit, quand aucun des deux n’est fatigué ou contrarié.
  2. Petit pas : commencer par un scénario léger, une lecture ou un message, plutôt que par le fantasme le plus audacieux.
  3. Consentement clair : considérer qu’un oui hésitant vaut un non, et qu’un accord peut être retiré à tout moment.
  4. Limites dites : lister ensemble ce qui reste exclu, sans avoir à se justifier.
  5. Imaginaire assumé : rappeler qu’un fantasme raconté n’est pas une demande à réaliser.
  6. Données protégées : éviter d’envoyer des photos intimes, qui peuvent circuler sans votre accord, et vérifier le cadre d’un service payant avant de l’utiliser.

Aucun de ces sondages ne fixe une norme : ce que la majorité déclare ne dit rien de ce qui vous convient, et ne pas avoir de fantasme précis est tout aussi courant.

Récap des fantasmes des Français en chiffres

Pour garder les ordres de grandeur en tête, ce tableau reprend les principaux résultats cités, chacun avec son année et son commanditaire, afin de ne jamais sortir un pourcentage de son contexte :

ChiffreCe qu’il mesureEnquête
63 %Femmes tentées par les messages coquinsIFOP pour Femme Actuelle, 2012
79 %Femmes en couple qui imaginent leurs fantasmes avec leur partenaireIFOP pour Femme Actuelle, 2012
59 %Femmes ayant déjà lu un livre érotiqueIFOP pour Femme Actuelle, 2012
31 %Français troublés par l’idée d’observerIFOP pour CAM4, 2013
41 %Actifs ayant déjà fantasmé sur un collègueIFOP pour Online Seduction, 2018
69 %Rêveurs ayant déjà fait un rêve érotiqueIFOP pour Tousaulit.com, 2021
67 %Français qui jugent les fantasmes positifsCSA, janvier 1998

Vos questions sur les fantasmes des Français

Quel est le fantasme des Français le plus cité par l'IFOP ?

Dans l’enquête de 2012 sur les femmes, l’envie la plus citée est l’échange de messages coquins avec son partenaire, à 63 %, devant l’étreinte dans un lieu public (51 %). Il n’existe pas de classement unique, chaque sondage posant des questions différentes.

Les fantasmes des Français diffèrent-ils selon le sexe ?

Oui, sur certains thèmes. En 2018, 53 % des hommes contre 30 % des femmes disaient avoir fantasmé sur un collègue. Aux États-Unis, Justin Lehmiller note pourtant que les fantasmes des deux sexes se ressemblent beaucoup dans l’ensemble.

Faut-il réaliser ses fantasmes pour être épanoui ?

Non. Les enquêtes montrent que la plupart des fantasmes restent imaginaires : 31 % des Français sont troublés par l’idée d’observer, 3 % l’ont fait exprès. Le fantasme a une valeur en soi, comme un film intérieur que l’on choisit de ne pas tourner.

Comment parler de ses fantasmes à son partenaire ?

Choisissez un moment calme, hors du lit, et un scénario léger pour commencer. Présentez-le comme une idée et non une demande, écoutez les limites de l’autre et acceptez un refus sans insister : c’est ce qui rend la confidence possible.

D'où viennent les fantasmes des Français selon les études ?

Ils puisent surtout dans l’entourage et la vie quotidienne. Selon l’IFOP en 2021, 42 % des sondés ont déjà rêvé d’une étreinte avec un ami ou une amie, 27 % avec un collègue, contre 19 % avec une célébrité.

Les sondages sur les fantasmes des Français sont-ils fiables ?

Ils sont représentatifs mais déclaratifs : on mesure ce que les gens acceptent de dire, en ligne et de façon anonyme. Beaucoup sont commandés par des marques, d’où l’intérêt de toujours vérifier le commanditaire, la date et l’échantillon.

Avoir des fantasmes quand on est en couple, est-ce normal ?

Oui, c’est très courant. En 2012, 79 % des femmes en couple imaginaient leurs fantasmes avec leur partenaire, et Lehmiller observe que le conjoint actuel est la personne qui apparaît le plus souvent dans les scénarios imaginés.

Sources

  • IFOP pour Femme Actuelle : « Les Françaises et le mommy porn : entre fantasmes et réalité », rapport du 3 janvier 2013.
  • IFOP pour CAM4 : enquête « Le Sexe 2.0 » sur le sexe virtuel et les nouvelles technologies, avril 2013.
  • IFOP pour Online Seduction : séduction et relations au travail, présentation du 19 juin 2018.
  • Pourquoi Docteur : les rêves érotiques des Français d’après l’IFOP pour Tousaulit.com, 3 janvier 2022.
  • CSA : sondage des 22 et 23 janvier 1998 sur les fantasmes, archivé par Ipsos.
  • Psychology Today : Justin Lehmiller, sept constats sur nos fantasmes sexuels, 1er octobre 2018.
  • Wikipédia : article « Fantasme (psychologie) », vérifié en octobre 2026.

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